Sommet Etats-Unis-Afrique : mon président n’est pas black-listé !

C’est la fête au Shabba depuis le 21 janvier 2014 ! Mon président est le bienvenu à Washington ! Mon président est en bonnes relations avec les États-Unis, il est donc fréquentable ! La preuve, il est invité par Barak Obama, the black président, à prendre part au fameux sommet États-Unis/Afrique !

Les présidents Paul Biya (Cameroun) et Barack Obama (Etats-Unis)

Mon frère, Barak Obama a invité 47 chefs d’Etat et de gouvernement du continent africain sur 54 à prendre part à un sommet les 5 et 6 août prochain à Washington. L’Amérique nous fait les yeux doux et c’est tant mieux. Il était temps qu’elle nous drague la grande Amérique, vu que dans ce registre-là la Chine, le Japon, la Turquie, l’Inde ou encore la France ont déjà une longueur d’avance (certains de ces pays nous ont même déjà passé la bague au doigt mon frère).

« Le président Obama a hâte d’accueillir des dirigeants de tout le continent africain…afin de renforcer [les] relations avec l’une des régions les plus dynamiques et à la croissance la plus rapide au monde. » Mon frère si tu as compris ce que j’ai compris, tu comprends comme moi que Washington veut combler son retard sur le marché africain et temps mieux si pour cela il doit créer un nouveau partenariat « gagnant-gagnant » avec l’Afrique. Selon la Maison-Blanche, ce sommet « consolidera les progrès accomplis depuis la tournée du président Obama en Afrique, l’été dernier », et il fera progresser « l’attention particulière que porte le gouvernement américain au commerce et à l’investissement sur le continent africain. » Il revient donc au continent africain de tirer profit de ce sommet, car en réalité l’Afrique est une mine d’opportunités pour les États Unis. D’un autre côté, en plus des nombreux investisseurs dont disposent les États-Unis, ceux-ci ont une grande expérience dans de nombreux secteurs clés tels que les mines, le pétrole ou l’agriculture.

Mon frère tu comprends pourquoi je suis content pour mon président ? C’est une grande percée diplomatique pour notre pays que d’être invité à la Maison Blanche qui sera noire de présidents (je voulais dire noire de monde) lors de ce sommet. Et si tu penses que c’est facile d’être invité à ce sommet tu as tout faux. Figure-toi qu’il y a des Etats africains qui n’y seront pas, car black-listés. Par exemple le Soudan n’y sera pas car Omar el-Béchir, recherché par la CPI (Cour pénale internationale) n’est pas le bienvenu. Le Zimbabwe, dont le président Robert Mugabe a fait le « ça gâte ça gâte » avec les Etats Unis, n’est pas non plus convié. A ces deux s’ajoutent les pays suspendus de l’Union africaine qui ne sont pas conviés non plus. L’Egypte, la Centrafrique, Madagascar, l’Érythrée et la Guinée-Bissau sont, pour le moment, indésirables au pays du hot dog.

Mais qu’on ne s’y méprenne pas  pour autant, les Etats–Unis cherchent  malgré tout à servir leurs propres intérêts et les notions d’opportunité et de soutien à l’Afrique n’est qu’un voile à la face.  Il n’est plus question pour les Etats-Unis de rester dans l’ombre et jouer les seconds rôles alors des gisements de pétroles qui attisent leur convoitise, sont disponibles à profusion sur le continent. Lorsque que les Etats-Unis à travers les bourses YALI (Young african leaders initiative) offrent une chance à 500 leaders africains de suivre des formations au cœur même de Washington ou encore lorsqu’ils injectent 9 milliards de dollars pour promouvoir l’électrification de l’Afrique à travers la politique Power Africa ; ce n’est pas pour réclamer simplement  en retour des cacahuètes. Mon frère, chaque bienfait à une (lourde) facture. Par ailleurs, j’espère que mon président a compris que le contexte actuel est plus que jamais celui du multilatéralisme et qu’en s’y rendant il vaudra valoriser  l’offre camerounaise.

Tout de même, il faudra que je demande à Barack Obama sur la base de quels critères il a invité certains chefs d’Etat africains dont la Maison Blanche est parfaitement au courant des violations des droits de l’homme, du non-respect de la démocratie, et de leur intention de mourir au pouvoir, dans leurs pays respectifs.

En attendant de passer l’été aux Etats-Unis (avec notre first lady nationale, première dame, première maman, première cuisinière, première de la classe…en bref première partout), les apprentis sorciers de la diaspora commencent déjà à jacter, ils disent  attendre le président de pied ferme à Washington. Mais connaissant mon président, et en bon camerounais, je le vois déjà leur sortir sa phrase mythique lorsqu’il foulera le sol américain : « Me voici donc à…Washington », comme quoi le chien aboie la caravane passe. A très bientôt pour d’autres échos du shabba !

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ebah essongue
Bloggeur camerounais, entrepreneur culturel et directeur du festival Woïla Hip Hop. J’ai été infecté très tôt par le virus de l’écriture et depuis près de 20 ans déjà je me passionne pour la culture et les arts urbains. Je suis gourmand de musique tout rythme confondu, j’adore les voyages, le sport, la lecture et VOUS !

1 Comment

  1. rebecca pocahontas-rolfe

    moi mon frère j’ai seulement demande à notre frère barack obama de me donner en mariage à un blanc riche et beau de 50 ans depuis yaounde car je suis sur qu’il y aura arrivage à l’aéroport de nsimalen le blanc d’eyenga vient me chercher je t’attends
    on peut vivre au cameroun ou aux etats unis
    sa tchat me touche en plein coeur
    je t’aime

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