Sommet Etats-Unis/Afrique : à chacun son sommet !

Entre les sermons de John Kerry et les protestations des associations de la société civile, certains chefs d’Etat africains en voyage aux Etats-Unis se sont trouvés entre le marteau et l’enclume.
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Sommet Etats-Unis/Afrique : le secrétaire d’État John Kerry sermonne les dirigeants africains

Entre les sermons de John Kerry et les protestations des associations de la société civile, certains chefs d’Etat Africains en voyage aux Etats-Unis étaient entre le marteau et l’enclume.

Ce n’est pas chaque jour qu’un remue-ménage de la taille du sommet américano-africain se produit au pays du hamburger. Et pour cause, le président Barack Obama et son gouvernement accueillent pendant trois jours une quarantaine de chefs d’État et de gouvernement africains, dont plusieurs foulent le tapis rouge de Washington malgré de mauvais bilans en matière de droits de l’homme. Les dirigeants africains, qui pour une fois ont eu plus fort qu’eux, se sont fait sermonner publiquement par le secrétaire d’État John Kerry: « Nous presserons les dirigeants de ne pas modifier les Constitutions pour leurs bénéfices personnels ou politiques », a-t-il déclaré. Ainsi, les Etats-Unis  qui ont légalisé la torture, les enlèvements, les arrestations et emprisonnements sans jugement, qui n’ont cessé de guerroyer sur tous les continents et de créer des monstres comme les terroristes islamistes veulent donner des leçons ? C’est le monde à l’envers ! « Qu’ils commencent par condamner les atrocités commises par Israël et balayer devant leur porte d’abord », a déclaré un chef d’Etat recalé.  Ne dit-on pas que la raison du plus fort est toujours la meilleure ? Qui parmi les chefs d’Etat présents à ce sommet pouvait riposter ?

Même si le secrétaire d’État a préféré ne pas évoquer de cas précis, notons cependant que parmi ces chefs d’Etat africains invités à ce sommet, certains s’illustrent par leur longévité au pouvoir, au point d’avoir privatisé le fauteuil présidentiel dans leur pays respectif. Il s’agit par exemple de la Guinée équatoriale, du Tchad, du Burkina Faso, de l’Angola, du Congo ou du Cameroun et de leurs indéboulonnables présidents Teodoro Obiang Nguema, Idriss Déby, Blaise Campaoré, Eduardo dos Santos, Denis Sassou-Nguesso et Paul Biya. Ce voyage aux Etats-Unis n’a donc pas été un fleuve tranquille pour certains chefs d’États africains. Outre la leçon de démocratie et de bonne gouvernance infligée à eux par John Kerry, ils ont également dû faire face aux  protestations de certaines organisations de la société civile.

Diaspora tchadienne : sit-in anti Déby devant la Maison Blanche

Présent à Washington  en cette occasion, les Tchadiens des Etats-Unis et du Canada ont protesté contre « le régime sanguinaire de Ndjamena, sa gestion clanique et sa diplomatie corruptive qui ternissent l’image et l’honneur du Tchad sur le plan international ». Toute la diaspora tchadienne était invitée le 5 août devant la Maison Blanche, à participer à cette journée de contestation contre la dictature, la corruption, les tortures et les éliminations physiques au Tchad. Pour Abdallah Chidi Djorkodei, président du comité d’organisation de cette protestation contre le président Déby : « Le tourbillon du Maghreb atteindra le Tchad pour libérer ses populations innocentes et victimes d’injustice et de répression ».

Manifestants tchadiens à New York
Sommet Etats-Unis/Afrique : manifestants tchadiens protestants contre le président Déby

Code et UFDC : Biya 32 ans au pouvoir c’est trop !

Le président camerounais Paul Biya a également goûté à la foudre des manifestants. Âgé de 81 ans et au pouvoir depuis 32 ans, le « chaud gars de Mvokmeka » qui avait ses quartiers au Four Season Hotel à Washington est sorti de son hôtel, le mercredi matin, dans une ambiance de confusion. Ce 6 août, en face de l’hôtel ses partisans et ses adversaires manifestaient. Une dizaine de membres du collectif des organisations démocratiques et patriotiques de la diaspora (Code) et de l’Union des forces démocratiques du Cameroun (UFDC) brandissaient des banderoles et des pancartes tout en criant, mégaphone à l’appui, des messages hostiles au président camerounais. Les manifestants ont également protesté devant le département d’Etat américain.

Manifestants camerounais à Washington
Sommet Etats-Unis/Afrique: manifestants camerounais à Washington.

Mon frère, il y a des jours où la fonction présidentielle n’est pas du tout un long fleuve tranquille. En plus du voyage et son côté « patate chaude », les chefs d’État africains ont dû s’accommoder, impuissants, des manifestants hostiles à leur pouvoir, et qui réclamaient leur départ des affaires. Faut pas se fâcher chers présidents, bienvenue au pays de la liberté d’expression !

 

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ebah essongue
Bloggeur camerounais, entrepreneur culturel et directeur du festival Woïla Hip Hop. J’ai été infecté très tôt par le virus de l’écriture et depuis près de 20 ans déjà je me passionne pour la culture et les arts urbains. Je suis gourmand de musique tout rythme confondu, j’adore les voyages, le sport, la lecture et VOUS !

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