Cameroun : les populations du Grand Nord sous le choc après l’attaque de Kolofata par Boko Haram

Après l’attaque de la ville de Kolofata, dans le nord du Cameroun, par les membres de la secte Boko Haram, c'est une population choquée et meurtrie qui témoigne cependant son soutien aux familles des victimes.

Après l’attaque de la ville de Kolofata, dans le nord du Cameroun, par les membres de la secte Boko Haram, c’est une population choquée et meurtrie qui témoigne cependant son soutien aux familles des victimes.

La nouvelle est tombée et a fait l’effet d’une bombe ce dimanche 27 juillet. « L’épouse du vice-premier ministre Amadou Ali enlevée au cours d’une attaque de sa résidence par des éléments de la secte Boko Haram. Le sultan-maire de Kolofata, Seini Boukar Lamine, son épouse, ses quatre enfants et sa nièce ont également été enlevés lors de cette attaque de Kolofata, faisant 16 morts. » 


Telle une traînée de poudre, la nouvelle s’est d’abord répandue sur les réseaux sociaux avant d’être reprise par les rédactions. Chacun y allant de sa version des faits, de son analyse et des commentaires de toute nature pour qualifier cette attaque « spectaculaire » qui survient dans une République où le chef suprême des armées et chef de l’Etat, Paul Biya, a déclaré la guerre à Boko Haram lors du sommet de l’Elysée, le 17 mai à Paris.

 Au centre de cette image le leader de Boko Haram, Abubakar Shekau.
Au centre de cette image le leader de Boko Haram, Aboubakar Shekau.

Des témoins affirment que l’attaque est survenue aux environs de 5 heures du matin dimanche. Les assaillants, lourdement armés, auraient d’abord attaqué le domicile du vice-premier ministre où sept personnes ont été tuées, avant de se déporter chez le maire de Kolofata où ils ont abattu quatre personnes.
Les témoins du drame font état de 16 morts et une dizaine de personnes enlevées. Des sources bien introduites indiquent par ailleurs que les assaillants étaient venus enlever le vice-premier ministre, Amadou Ali, et sa famille. Sur les raisons de cette attaque, les versions divergent.
L’Etat du Cameroun a réagi à travers la voix de son ministre de la Communication Issa Tchiroma Bakary dans l’après-midi du dimanche 27 juillet : « Il s’agit d’une agression brutale et d’une violence inqualifiable… Pour l’heure, nous ne disposons pas de toutes les données nous permettant de fournir une information plus complète sur les circonstances et le bilan exacts de cette attaque. » Une sortie médiatique « vide et moqueuse » de l’avis de nombreux Camerounais qui voient à travers cette communication de crise moyenâgeuse, une volonté du gouvernement de cacher la vérité à son peuple en tronquant les faits. Mais selon Oumarou Moktar, il s’agirait d’un problème de rançon promise et payée en partie aux terroristes. En effet, « les assaillants qui ont opéré ce matin avaient prévenu à l’avance l’entourage du vice-premier ministre qu’ils séviront ce week-end à Kolofata si jamais Amadou Ali ne leur restituait le solde de la rançon qui a abouti à la libération de la famille Laurent Fournier », affirme le président de la Jeunesse Arc-en-ciel du Septentrion et membre de la société civile.

               L'hebdomadaire L'Oeil du sahel - N° 622 du 29 juillet 2014
L’hebdomadaire L’Oeil du Sahel – N° 622 du 29 juillet 2014

L’émotion et la solidarité à l’égard des familles et des victimes…

Difficile de rester insensible face à une telle nouvelle. A Garoua, capitale du Grand Nord Cameroun, le sujet alimente toutes les conversations. Malgré le peu d’informations dont disposent les gens ici, l’on est tout de même sous le choc. La nouvelle de l’enlèvement a un peu assombri les festivités marquant la fin du jeûne du ramadan. Noura Sali Goni, l’épouse du sultan de Kolofata enlevée, se trouve être la fille de Elhadj Sali Goni, un richissime homme d’affaires basé à Garoua. Parents et amis se sont dont mobilisés à travers des prières afin qu’Allah lui vienne en aide ainsi qu’aux autres kidnappés, tout en saluant la mémoire des personnes civiles et militaires décédées lors de l’attaque. A Kolofata, la tristesse a pris la place des réjouissances le jour de la fête. La compassion a également gagné les réseaux sociaux où circule une chaîne de solidarité sur Facebook et sur Twitter.

Dans un contexte d’insécurité caractérisé par des attaques d’assaillants sur les villages de certaines hautes personnalités nordistes, de nombreuses élites du Grand Nord ont préféré ne pas rentrer pour effectuer la prière de fin de ramadan dans leurs villages respectifs comme à l’accoutumée. Ainsi, Bello Bouba Maïgari le ministre du Tourisme et leader de l’UNDP (Union nationale pour a démocratie et le progrès) ou encore le lamido de Moulvoudaye ont effectué la prière à Garoua. Amadou Ali a pour sa part fait sa prière à Maroua, les autorités lui ayant déconseillé de se rendre à Kolofata. La situation est extrêmement tendue dans la région de l’Extrême Nord, notamment dans les zones frontalières au Nigeria considéré comme une zone de refuge par les éléments de Boko Haram qui y multiplient des enlèvements d’étrangers, des attaques contre les militaires et les civils.

Boko Haram au Cameroun: Voici un petit résumé des attaques de la secte répertoriées au mois de juillet 2014 au Cameroun (Cliquer ici pour ouvrir le lien).
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ebah essongue
Bloggeur camerounais, entrepreneur culturel et directeur du festival Woïla Hip Hop. J’ai été infecté très tôt par le virus de l’écriture et depuis près de 20 ans déjà je me passionne pour la culture et les arts urbains. Je suis gourmand de musique tout rythme confondu, j’adore les voyages, le sport, la lecture et VOUS !

3 Comments

  1. Hamadou Raoubil

    Bel article et merci pour la carte qui est un outil précieux. Courage au shabba237…

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    1. samira palestine

      Ce serait triste que l’un des derniers états stables sur les 30 dernières années s’embrase aujourdh’ui,les camerounais aiment et veulent la paix,
      l’article quand à lui est riche en informations précises,beau compte rendu,joli plume,BRAVO!!!!

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  2. as kotangbanga

    nous voulons une
    Afrique Seine.
    et un peuple sein.pourquoi cette. tenue vis a vis de nous.
    plus jamais ca dans la. sous région. dis leurs shabba.

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